Je me suis impliquée dans une grande diversité de groupes et collectifs au fil des ans. Néanmoins, je n’ai finalement accepté de confronter les émotions soulevées en moi par le rappel constant de l’ampleur des défis auxquels nous faisons face en tant qu’espèce que très récemment. À l’automne 2009, j’ai séjourné pendant 4 semaines au sein de l’Écovillage de Findhorn (Écosse) dans le cadre de la formation Gaia Education Design for Sustainability – Training of Trainers. J’étais alors à un tournant dans ma vie et ressentais un besoin pressant de faire sens de l’insensé. Émotivement brûlée par la conscience de l’état du monde, je suis arrivée à Findhorn ouverte, mais passablement démunie et vulnérable sur le plan psychologique. Pourquoi avouer ici ce qui peut sembler particulièrement personnel et intime? C’est que je suis persuadée de ne pas être la seule à vivre avec le poids du monde écrasant quotidiennement mes épaules, drainant mon énergie et me laissant complètement vidée. Je le vois autour de moi, je le lis dans les écrits de Carolyn Baker et de Joanna Macy et je réalise à quel point la transition extérieure pour laquelle je travaille si fort ne sera pas possible sans un changement radical dans nos modes de pensée. Une transformation intérieure s’impose.
Nous vivons dans l’illusion, envoûtéEs par les mythes de la modernité. Ceux-ci permettent le maintien d’inégalités raciales, de genre ou encore de classe. Il n’y a qu’à penser à l’illusion du rêve américain selon lequel toute personne travaillant suffisamment fort verra sa vie couronnée de succès. C’est faux. Ce qui ne veut pas dire que le travail assidu ne mène nulle part. Néanmoins, toutes et tous ne démarrent pas la course au même moment et il est tout à fait possible, comme c’est le cas pour une grande majorité des habitants de la planète, que tous les efforts du monde ne permettent pas d’accéder à la sécurité alimentaire, alors oublions la richesse. Il y a suffisamment de statistiques disponibles à ce sujet pour qui veut creuser un peu plus loin et je ne tomberais donc pas ici dans une démonstration quantitative des inégalités structurelles de notre système économique et de notre mode d’organisation social. Nous vivons dans un monde d’illusion, entretenu sur la place publique comme à la maison dans les discours et pratiques que reproduisent les enfants afin de poursuivre la transmission des mythes d’une génération à l’autre. Pour briser ce cycle, il faut d’abord prendre conscience de son existence. À mon avis, la transition intérieure implique la prise de conscience des mythes de la modernité ainsi que l’acceptation des émotions soulevées par l’éclatement de l’illusion.
Les sous pages listées plus bas contiennent quelques conseils, outils et ressources qui peuvent vous accompagner dans votre processus de transition intérieure.